Avoir un chat d'intérieur épanoui

La gestion de l’environnement du chat confiné : un défi permanent

De nombreux propriétaires tendent à considérer leurs chats comme étant un membre à part entière de leur famille. Ce fort sentiment d’attachement s’exprimera d’autant plus lorsqu’il émane d’une recherche de soutien émotionnel de la part de certains propriétaires, plus particulièrement dans le cas de célibat ou de vie sans enfants. Ainsi, les sentiments de dépendance et/ou de protection vis-à-vis du chat s’inscrivent dans le lien unissant son propriétaire à l’animal. Ce lien de protection est renforcé par le fait que de plus en plus de chats sont confinés. En effet, les dangers extérieurs étant réels, de nombreux propriétaires tendent à maintenir leurs chats confinés et ce, même si les conditions de logement permettent au chat un accès extérieur.

Force est donc de constater que la population féline confinée ira s’accroissant et que si cela reflète plutôt l’évolution sociologique d’un mode de vie et d’un habitat urbain, il faut néanmoins se poser la question de ce confinement au regard de la santé mentale du chat.

Le chat a commencé à évoluer il y a 13 millions d’années, pour finalement parvenir au sommet de la chaîne alimentaire, carnivore obligé et chasseur solitaire. Cela signifie d’une part que le chat est fait pour se mouvoir sur un territoire de chasse en évitant les dangers, d’autre part qu’il doit capturer ses proies après les avoir détectées et approchées. Parvenir à cela signifie une évolution étonnante de ses capacités sensorielles : vue, ouïe, odorat.

Aussi le chat a-t-il besoin d’avoir ses sens stimulés durant son éveil et, par voie de conséquence, la possibilité d’organiser les comportements relatifs à la détection, à la traque et à la capture de proies. Le contact social avec ses congénères et son propriétaire sont également à privilégier afin que le chat se sente bien dans son univers domestique. C’est pourquoi il est facile de laisser les chats sortir : le chat sort simplement lorsqu’il ressent le besoin d’exercice ou de chasse, la chasse étant un besoin émotionnellement si fondamental qu’il persiste même chez les chats bien nourris. Le chat sort également afin de trouver les stimulations nécessaires à son cerveau de mammifère très développé, qui le maintiennent en état de réponse adéquate et en bon état de marche.

La possibilité d’explorer des choses inconnues dans un environnement mouvant, de combler son désir d’être tout à la fois sociable ou plus territorial et même de défendre ses ressources vis-à-vis d’autres chats du voisinage, font partie des besoins du chat.

Ces possibilités sont aussi importantes pour sa santé psychologique que d’être choyé et nourri avec les meilleurs aliments.

C’est un grand défi que de maintenir un chat confiné en permanence : comment le maintenir le plus « heureux » possible et stimulé dans un environnement plutôt étroit, non changeant, alors même que chaque aspect de sa protection est pris en charge pour lui : nourriture et santé physique ?

En effet, ce sont souvent les défis et les frustrations qui manquent aux univers confinés. Si le chat n’a plus de problème à résoudre en termes de jeux, d’acquisition de nourriture ou d’accès à de nouveaux objets, il peut alors simplement s’ennuyer ou devenir obsédé par des aspects mineurs de la vie qui sont alors de simples mécanismes de compensation. Ainsi, certains chats insuffisamment stimulés peuvent passer la plupart du temps à dormir.

Même si l’on constate que de nombreux chats confinés bénéficient de bonnes conditions de soins, en termes d'alimentation de bonne qualité, de suivi médical et de prévention des maladies, le simple fait d’être confiné à un espace restreint et figé constitue une privation de leurs besoins psychologiques. Ainsi, maintenir en permanence un chat confiné risque fort de l’empêcher d’exprimer les comportements propres à son espèce, ce qui se traduira par un appauvrissement émotionnel.

C’est ainsi que certains chats développent certaines pathologies (marquage urinaire, alopécie…) qui peuvent simplement résulter d’un environnement pauvre et insuffisamment stimulant. Le problème du recours à la médication sera alors inapproprié s’il constitue un simple pansement à une réponse comportementale due à un environnement hypo stimulant.

Afin de remédier à cette situation de confinement, voici quelques conseils destinés à introduire un mécanisme compensatoire qui permettra au chat d’exprimer ses comportements naturels.

1 – Jouer aux bons jeux

La première clé pour entraîner le corps et l’esprit est la multiplication des actions qui permettront au chat d’exprimer une séquence comportementale innée et gratifiante où il pourra : surveiller-traquer-poursuivre-bondir et mordre. Il faut ainsi susciter jusqu’à 30 fois par jour des jeux imitateurs de chasse à l’aide de jeux mobiles pour les chats solitaires confinés (plumeaux, lancer de balle, canne à pêche, jouets suspendus à une tringle, etc.)

2 – Le contact social

C’est la partie la plus simple. Il est indispensable de répondre aux sollicitations du chat qui vient chercher un câlin ou accueille son propriétaire qui rentre d’une journée de travail : il faut consacrer au moins quelques moments pour répondre à cette sollicitation et/ou cet accueil, afin de rétablir le lien. Cependant, il ne faut pas déranger le chat qui dort pour lui proposer un jeu : c’est à lui d’initier la demande et à nous de toujours lui répondre.

3 – La taille du territoire par rapport à la nouveauté

Une étude suggère qu’un chat confiné devrait avoir au moins deux pièces où se mouvoir, et conçues de telle sorte qu’il ne puisse pas voir tous les coins des pièces. Le problème reste cependant toujours lié à un environnement statique : une fois que le chat connaîtra parfaitement son environnement physique, ce dernier ne présentera aucune nouveauté stimulante, et le chat risque de s’ennuyer.

Ainsi, le fait d’apporter des objets nouveaux aux odeurs inconnues permet au chat une exploration quotidienne qui le stimulera. On peut ainsi lui proposer des branches d’arbre, des pierres, des cartons, des tubes, fabriquer de petites tentes, etc., de même que des jeux paraîtront nouveaux simplement en les cachant quelque temps et en les faisant réapparaître. En somme, il s’agit de favoriser toutes choses nouvelles qui demanderont une inspection en règle, et qui permettront au chat de stimuler ses capacités sensorielles visuelles, olfactives et tactiles.

4 - Entraver l’accès à l’alimentation

Il faut abandonner l’idée de mettre les aliments dans des bols, car cela diminue le temps passé naturellement à la recherche active d’aliments, comparé aux heures qui sont nécessaires au chat lorsqu’il chasse pour se nourrir. Il est ainsi préférable de lui fournir une alimentation sèche dans un jouet distributeur qu’il devra manipuler pour en faire sortir les aliments. On peut également cacher le jouet à différents endroits : cela permet au chat de le chercher et de le découvrir avant de manger.


Il faut garder en mémoire qu’un chat confiné doit trouver des occasions de découvrir de nouvelles choses, de fouiller, de pratiquer ses comportements de chasse et d’avoir plaisir à partager des contacts sociaux tant avec ses propriétaires qu’avec ses congénères. Cela est vital pour lui afin de compenser l’absence de changement causé par un environnement statique, par l’absence de défis, et par l’impossibilité de mettre en œuvre ses propres capacités à réagir et ses ressources émotionnelles, naturellement exercées lorsqu’il est confronté à un environnement extérieur.