Pourquoi tant de contraintes ?

Ipao oct 14 copie

Beaucoup d’adoptants potentiels ne comprennent pas pourquoi nous posons tant de questions, pourquoi nous paraissons si stricts au niveau de nos conditions d'adoption et du suivi de nos titis.

La grande majorité de nos chats à l’adoption ont eu une histoire difficile : chatons récupérés dans une déchetterie, chat agonisant sur le bord de la route victime d’un chauffard, minette jetée à la rue alors qu’elle va avoir ses petits, chaton qui sert de ballon de foot dans une cité, chat ‘oublié’ sur un balcon, chat abandonné après 10 ans de vie commune, etc. Les exemples de la cruauté humaine ne manquent malheureusement pas…

Il faut beaucoup de temps, de soins, d’amour et de patience à nos familles d’accueil pour rendre ‘adoptables’ nos protégés qui ont été malmenés par l’existence. Au fil des jours, un lien se crée, une relation privilégiée s’établit entre chaque chat et la personne qui en prend soin. Alors quand vient le temps de l’adoption, il nous est toujours difficile de confier nos titis après les avoir remis sur pattes, et nous voulons le meilleur pour eux.

Quand vous nous contactez pour adopter, nous ne connaissons rien de vous, nous devons donc nous assurer que le chat que vous avez choisi sera heureux chez vous. Nous vous posons beaucoup de questions car nous avons besoin de connaître votre personnalité et votre mode de vie pour que l’adoption soit réussie. Et, nous allons devoir vous faire confiance…

Hawke

Seulement voilà, malgré toutes nos précautions, parfois des malheurs arrivent. Ces deux histoires en sont les tristes preuves :

Hawke, chaton de 3 mois
En décembre 2012, un jeune couple s’est présenté lors d’un week-end d’adoption pour adopter un chaton. Après toutes les questions d'usage, les discussions et les conseils habituels, l’adoption a été validée. Le premier jour, les nouvelles sont bonnes, tout se passe très bien. Le 2è jour, le jeune homme se plaint, le chaton a uriné sur le canapé. Nous lui rappelons qu’il s’agit d’un chaton, qu’un accident peut arriver, et lui donnons des conseils. Quelques jours plus tard, nouvel appel, le chaton a recommencé. Face à l’agacement de l’adoptant, nous décidons de récupérer le titi et nous fixons un rdv. Il nous rappelle quelques heures plus tard pour dire qu’il va encore essayer quelques jours, puis pour nous dire que le chaton s’est sauvé...
La réalité est bien plus terrible et sordide : Hawke a été tué par ce jeune homme. Il l’a balancé contre le mur, puis l’a jeté par la fenêtre. Il a été tué, parce-que perturbé, il a fait pipi sur le canapé...
Hawke était un chaton de 3 mois, un amour de titi, une petite boule de tendresse que nous avons confiée à un irresponsable. Comment ne pas se sentir coupable ? Cette adoption, nous l’avions validée…

Gandja

Gandja, adoptée il y a 6 ans
En 2013, nous recevons un appel d'une clinique vétérinaire nous informant que Gandja, une minette adoptée il y a 6 ans, a été retrouvée par une âme charitable dans un fossé, squelettique, à moitié aveugle, elle ne pouvait plus mettre une patte devant l'autre et présentait des troubles neurologiques. Si Gandja avait passée une nuit de plus dehors, elle serait morte d’épuisement… Comment en est-elle arrivée là ?
Une histoire banale : un jeune homme adopte une chatonne adorable et pleine de vie. Puis il rencontre une femme, ils font un enfant, et subitement la minette devient encombrante. Alors il s’en débarrasse en la ‘confiant’ à des gens ‘bien’. Des gens tellement bien, que Gandja a été retrouvée mourante, et aujourd’hui, malgré nos soins, elle reste traumatisée et inadoptable…

Alors oui, nous sommes difficiles, oui, nous posons beaucoup de questions, oui, nous refusons des adoptions, oui, nous demandons des nouvelles de nos adoptés. Parce-que plus jamais nous ne voulons qu'un de nos protégés soit victime de telles tragédies.